Il ne fallait pas dire autiste
Un livre de Magali Ségovia

Cet ouvrage est un récit de vie, celle d'un jeune autiste, raconté par sa mère, depuis son enfance jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. À lui seul, ce texte - qu'il est intéressant de lire d'une traite pour mieux appréhender les multiples batailles de cette mère - réussit à déconstruire les idées préconçues sur l'autisme : il balaie les poncifs et démontre, une fois de plus, l'investissement considérable de nombreux parents auprès de leurs enfants pour qu'ils trouvent une place dans la "vraie vie".
Il y a de l'émotion, du suspens et de la joie dans l'histoire racontée par Magali Ségovia. De la colère aussi devant l'absurdité voire même de la cruauté de certaines situations.
On suit le parcours de Clément et l'on comprend clairement qu'il est indispensable de mieux faire connaître l'autisme (en milieu scolaire comme en milieu professionnel) afin de tendre vers des environnements plus à l'écoute des spécificités de chacun. On comprend également qu'un intérêt particulier investi par un jeune adulte autiste est à valoriser et à soutenir : lui donner une chance de démontrer ses compétences et lui faire confiance sont des pré-requis à son insertion qu'elle soit scolaire ou professionnelle.
Ce sont l'acceptation, la confiance, la coopération et la flexibilité de tous et à tous les niveaux qui permettront d'aboutir à une inclusion véritable, au bénéfice de la société dans son ensemble.
"Maman tout ce que j'ai fait dans ma vie, l'école, les examens, le permis de conduire, les stages c'était pour te faire plaisir et maintenant je travaille pour moi pour me faire plaisir car j'adore mon job." Ce son les paroles de Clément à la fin du récit : il est croupier dans un casino, travaille la nuit et dort le jour et surtout, il est épanoui.
"Il ne fallait dire autiste", de Magali Ségovia, auto-édition, 2025.
