Le problème de la double empathie : une théorie développée par le Dr Damian Milton (lire ici)

Le Dr Damian Milton a commencé à publier sur la théorie de la double empathie en 2012.

Cette théorie suggère que deux personnes ayant une expérience très différente du monde qui les entoure auront des difficultés à interagir et à se comprendre, comme cela se produit dans les interactions entre les personnes autistes et les personnes non-autistes.

Les malentendus proviennent d'une incompréhension mutuelle et ne sont pas uniquement dus aux particularités autistiques : c'est un problème double car la personne non-autiste, tout comme la personne autiste ont des attentes et se réfèrent à des normes différentes (un peu comme lorsque deux personnes ne partagent pas la même langue natale). La rupture étant peut-être plus brutale pour la personne non-autiste pour qui l'expérience est inhabituelle, alors que la personne autiste est fréquemment confrontée à cette expérience.

Ces travaux du Dr Milton montre l'importance cruciale d'une implication directe des personnes autistes dans les choix et les décisions pris en leur nom. Les comportements associés à l’autisme peuvent avoir des origines différentes : il y a ce que l’on voit, le comportement visible et perceptible, et ce qui est vécu de l’intérieur par la personne autiste du fait de sa perception sensorielle, de son traitement des informations, de ses particularités cognitives. 

En milieu professionnel, le job coach, de par son rôle de médiateur et en s'appuyant sur une observation fine, vient en appui à la fois auprès de la personne autiste et de l'équipe de travail pour faciliter les échanges et la compréhension mutuelles. Finalement, le job-coach n'est-il pas un peu comme un traducteur, un interprète ?

À lire également, cet article sur le site de l'ASHA (American Speech-Langage-Hearing Association).

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Dans son livre "A Mismatch of Salience : Explorations of the nature of autism from theory to practice", le Dr Milton (lui même autiste Asperger), apporte sa vision de l'intérieur sur la nature de l'autisme et fait l'éloge de la diversité des manières de communiquer. Il met en évidence les décalages qui peuvent se produire et qui occasionnent des difficultés de compréhension et de communication.

Un article (en anglais) paru le 23 octobre 2020 dans Frontiers in Psychology fait la lumière sur cette double empathie et montre, à travers une étude complète, comment les difficultés d'interaction sont dues à un manque de réciprocité entre les différents neurotypes. Cette étude suggère que les personnes autistes possèdent un style d'interaction sociale distinct plutôt que de démontrer des déficits de compétences sociales.

Un texte écrit en février 2020 par Quincy Hansen, (jeune autiste de 19 ans vivant dans le Colorado), parle clairement de ce problème de la double empathie, telle qu'il la perçoit.

Voici, avec l'accord de l'auteur, la traduction en français de son article : ICI.

Rapport sur les
bonnes pratiques
pour l'emploi des
personnes autistes en Europe
Orientation des politiques publiques pour une société plus inclusive