Autisme et emploi

Avoir un emploi est essentiel pour mener une vie indépendante et autonome mais également pour assurer une meilleure qualité de vie à l'âge adulte. Au-delà de l’apport d’un revenu qui génère de l’autonomie, un emploi stable procure satisfaction et complétude et influence le bien-être et la santé mentale.

L’éloignement de l’emploi est dommageable pour les personnes autistes, sans tenir compte de l’âge, du genre ou du niveau d’éducation. Plus il est durable, plus il a d’impacts négatifs sur la santé. En outre, le bien-être peut se dégrader plus rapidement chez les jeunes adultes, d’autant plus que la période de chômage est plus durable. Il est ainsi important que la transition entre la fin des études et l’emploi soit rapide, en tenant compte, bien sûr, de la qualité de l’emploi et de son adéquation aux souhaits et besoins de la personne autiste.

Le taux d'emploi des personnes autistes est assurément bien en-dessous de celui de la population générale et même inférieur à celui des autres personnes en situation de handicap, malgré la mise en place de différentes politiques de l’emploi en faveur des personnes autistes (voir données dans sept pays de l’union européenne dans cet article).

 

Une étude internationale récente (ici) a montré qu’une approche globale de l’emploi favorisant un environnement de travail inclusif, permet de créer des passerelles de communication bienveillantes et honnêtes entre les employeurs, les personnes autistes et les autres acteurs clés.

C’est en se concentrant sur leurs points forts et en leur offrant des expériences professionnelles précoces, qu’il sera possible d’améliorer les résultats en matière d’emploi des personnes autistes.

 

Un accompagnement approprié, comme l’offre l’emploi accompagné (job-coaching), prend en compte les particularités et les points forts de la personne autiste et les accorde avec les besoins et attentes de l’entreprise.

Dans des situations réelles d’immersions professionnelles, les personnes autistes ont l’opportunité d’améliorer leurs fonctions exécutives et leurs habiletés sociales, ce que l’on nomme les « soft skills ». Chez la personne autiste, le déficit plus ou moins important dans ces « soft skills » est un handicap majeur pour obtenir et maintenir un emploi ; malgré de réelles et belles (parfois extraordinaires) compétences, ces dernières peuvent demeurer invisibles aux yeux des employeurs et des équipes de travail, dissimulées derrière les difficultés dans la communication et les relations sociales normées.

Il est donc crucial que les chefs d'entreprise se saisissent des enjeux de l'insertion professionnelle des personnes autistes pour qu'elle ne reste plus à la marge. 

Le job-coach, en accord avec les recommandations de l'HAS, élabore un projet d'accompagnement en milieu professionnel co-construit avec la personne autiste et l'employeur : l'accompagnement se fait pas à pas et s'ajuste continuellement et en se basant sur les preuves de l'expérimentation en situation réelle de travail.

Évaluation et soutien aux habiletés professionnelles

Rechercher un emploi adapté, développer les compétences sociales, apporter un soutien lors des entretiens : accompagner de manière progressive dans les différentes transitions

Adaptation du profil de poste

Tenir compte des particularités sensorielles et cognitives

Valorisation des intérêts spécifiques

Les intérêts particuliers et les connaissances acquises de manière autodidacte sont autant de compétences à valoriser dans le milieu professionnel

Appui et conseils aux employeurs

Savoir ce que la personne souhaite divulguer à propos de son handicap est important pour apporter tous les conseils utiles à l'employeur

Accompagnement pérenne

Accompagner au plus près des besoins (ni trop, ni pas assez), même après la prise de poste et aussi longtemps que nécessaire

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Rapport sur les
bonnes pratiques
pour l'emploi des
personnes autistes en Europe
Orientation des politiques publiques pour une société plus inclusive