L'importance de la première impression forgée lors d'une interaction avec une personne autiste
Une revue de littérature et méta-analyse parue dans Autism Research en 2025 compare les premières impressions engendrées vis à vis des personnes autistes et non autistes et met en évidence des différences notables -avec une impression généralement moins favorable à l'encontre des personnes autistes - pouvant influencer les relations sociales entre les deux populations.
Cette étude a souhaité répondre à 4 questions principales :
- Les personnes autistes suscitent-elles des premières impressions plus négatives que les personnes non autistes ?
- Quels aspects des premières impressions sont systématiquement évalués de manière moins favorable chez les personnes autistes par rapport aux personnes non autistes ?
- Comment la modalité de présentation influence-t-elle les premières impressions à l'égard des personnes autistes par rapport aux personnes non autistes ?
- Quelles caractéristiques des stimuli et des évaluateurs contribuent à ces différences de premières impressions ?
Les résultats généraux de cette publication (à explorer plus en détails par la lecture de l'article) montrent à quel point les premières impressions jouent un rôle important dans le fonctionnement social et sont associées aux réactions sociales qui poussent à se rapprocher des autres ou, à l'inverse, à les éviter. Ils entrent en cohérence avec les retours d'expériences des personnes autistes elles-mêmes qui rapportent des relations sociales plus pauvres, un nombre plus limité d'amis et une solitude ou un isolement plus prononcé que les personnes non-autistes.
Le travail met en évidence l'importance de la première impression : au tout début des interactions sociales, les personnes autistes sont désavantagées par l'existence d'une première impression négative à leur encontre, favorisant un malentendu mutuel parfois durable (comme le souligne le problème de la double empathie), avec des répercussions supplémentaires sur la participation sociale, l'inclusion et le bien-être des personnes autistes.
Cependant, il semblerait que les personnes autistes pourraient partager le biais de négativité des personnes non autistes à l'égard des présentations sociales autistiques, reflétant l'intériorisation de normes culturelles plus larges qui représentent les différences autistiques de manière moins favorable. Ces résultats viennent en désaccord avec le problème de la double empathie, le fait d’être autiste n’entraînant pas nécessairement des impressions plus
favorables à l’égard des autres personnes autistes.
Au -delà de la double empathie, cette étude souligne l'influence certainement considérable de facteurs socioculturels externes, tels que les normes sociales et la stigmatisation, sur les expériences sociales des personnes autistes et appelle à une prise de conscience globale de la construction de nos relations interpersonnelles et des influences qu'elles subissent.
Par ailleurs, certaines caractéristiques propres aux personnes non autistes, comme la connaissance des particularités propres à l'autisme, ainsi que la qualité de leurs relations avec les personnes autistes influencent la teneur de la première impression. Ceci va dans le sens de l'importance à la fois d'une meilleure information et communication sur l'autisme, mais aussi de créer les opportunités de rencontres et de "vivre ensemble" dans une société créant moins d'exclusion.
Lashindri C Wanigasekera et al : First Impressions Towards Autistic People : A Systematic Review and Meta-Analysis. Autism Research, 2025 May; 18(5):983-1010
