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Comment les difficultés de prédiction sont impliquées dans les manifestations de l'autisme




Notre cerveau réalise continuellement des prédictions pour nous permettre d'appréhender le monde qui nous entoure at anticiper ce que nous allons voir, entendre, toucher, goûter ou sentir. Nos 5 sens contrôlent ces prédictions pour les ajuster à la réalité.

Grâce à un paramètre de "précision", le cerveau détermine l'importance accordée aux écarts entre les données sensorielles et nos attentes. Lorsque nous apprenons quelque chose de nouveau, le cerveau augmente la précision et utilise les données pour former un modèle. Lorsque le cerveau estime que le modèle est complet, il réduit la précision, supposant que tout écart supplémentaire est une variation aléatoire pouvant être ignorée sans risque. Il s'agit d'un modèle hiérarchique.


Au quotidien, sans capacité de prédiction ou avec une capacité de prédiction altérée, il peut alors nous sembler que les événements apparaissent ou surviennent comme par magie. Cette survenue inattendue d'événements peut alors s'avérer anxiogène car nous n'arrivons pas à donner du sens à ce qui se passe.

Pour une personne autiste, l'idée est que le cerveau pourrait avoir plus de mal à re-calibrer la précision. Il reste attentif aux détails, mais a plus de mal à généraliser.


La théorie du trouble de la prédiction propose que le cerveau d'une personne autiste ne forme pas de prédictions précises ou alors que les stimuli sensoriels passent outre ces informations prédictives internes. En conséquence, la personne autiste est alors hypersensible aux stimuli externes et incapable de les ignorer ou de les filtrer.

Le retentissement est alors multiforme :

  • Une surcharge sensorielle consécutive à l'absence de prédiction et de filtration des stimuli de l'environnement se manifestant par un ressenti continuel

  • La recherche d'immuabilité permettant de compenser l'aspect anxiogène par la création d'un monde prédictif fait de routines et de conduites répétitives

  • Des difficultés de généralisation : les personnes autistes mémorisent en accumulant une sorte de banque de données interne sans liens entre elles (1 stimulus = 1 concept) et basées sur leur perception du monde. Les personnes autistes créent leur propre "catalogue" conceptuel à partir de chaque détail et chaque événement qu'elles ont vu ou vécu dans leur environnement.

Temple Grandin a bien décrit ce phénomène de "pensée en images" : son concept de "chien" par exemple est , dit-elle "inextricablement lié à tous les chiens que j'ai connus. C'est comme si j'avais un catalogue sur fiches des chiens que j'ai vus, avec des photos, qui s'agrandit au fur et à mesure que j'ajoute d'autres exemples à ma vidéothèque". Pour reconnaître que c'est un chien, elle doit faire appel à ce référentiel ce qui induit des difficultés de prédiction.

  • L'acquisition possible d'ilots de compétences dans certains domaines où la prédiction est toujours vérifiée (les mathématiques par exemple).

  • L'existence de difficultés dans le domaine social qui est le plus difficile à prévoir car composés de facteurs complexes et très variables : le domaine social fait appel à des prédictions nécessitant des mises à jour régulières et fréquentes ainsi que des adaptations aux contextes.


Une immersion quotidienne dans un environnement imprévisible compromet les capacités à interagir avec celui-ci. Pour les personnes autistes, la recherche d'uniformité ou d'immuabilité, ainsi que des comportements répétitifs pourraient représenter le moyen de rétablir de la prévisibilité dans leur environnement.


Ainsi, apporter un soutien dans la prédictibilité des environnements (social, professionnel, familial, ...), mais également faire preuve de compréhension et de tolérance vis à vis des comportements répétitifs ou du besoin de routine peut améliorer le vécu et le bien-être des personnes autistes.



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